Critiques

Critique de Soyez sympas, rembobinez, Michel Gondry, 2008

« Méta ou le film des films »

Lorsque le gérant d’un vidéo club d’une petite ville du New Jersey laisse les rênes de sa boutique à son fils, Mike (incarné par Mos Def), ce dernier y voit l’opportunité de prouver à son père qu’il n’est pas aussi incapable que ce que tout le monde pense. Mais tout bascule lorsque son meilleur ami, Jerry, efface tout le contenu les cassettes VHS après être devenu magnétique suite à un accident dans une centrale électrique. Les deux amis décident alors de réaliser des remakes de tous les films, avec les moyens du bord, afin de satisfaire les demandes des clients…

Il y a au moins trois bonnes raisons de vouloir voir Soyez sympas, rembobinez. Tout d’abord, le duo hilarant à l’humour absurde, sarcastique et populaire, formé par Jack Black et Mos Def, qui crève l’écran en y incarnant d’un côté un marginal un peu looser, et de l’autre un psychotique obnubilé par les théories du complot.

Ce sont aussi pour ses innombrables références à la pop-culture des années 80 et 90, et pour le plaisir d’y découvrir les séquences remake de films cultes tels que Ghostbusters, 2001 : L’Odysée de l’espace ou encore du Roi Lion. Avec ce film, Michel Gondry a d’ailleurs inventé la tendance des films suédés, à savoir la création de films pastiches réalisés avec un budget minime.

Enfin, c’est un film qui permet d’ouvrir une réflexion sur le processus de création des réalisateurs et une critique sur l’industrie du cinéma. Avant de passer derrière la caméra, les réalisateurs sont, en effet, d’abord eux-mêmes spectateurs. Ainsi, c’est en puisant dans leur bibliothèque personnelle – leurs inspirations – qu’ils construisent leur imaginaire tout en s’émancipant de ce qui les a modelé. Plus largement encore, le film pose directement la question de la surproduction hollywoodienne noyée sous les innombrables remakes et reboots de sagas à succès, sans véritable recherche d’innovation et d’originalité.

Finalement c’est un film qui a le mérite de s’adresser à un très large public : celui des cinéphiles via les multiples références à y dénicher, mais aussi celui de ceux qui voudraient découvrir le cinéma et à qui tout donnera envie de dévorer tous les films abordés.

 

Lucie Jézéquel

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