Critiques

Inception, le film de la décennie ?

Bien que déroutant aux premiers abords, notamment par la complexité de son scénario, Inception s’impose vite comme un film culte ayant marqué sa décennie.
Nous allons donc essayer de comprendre pourquoi en 3 parties.

Un film d’espionnage et de braquage au scenario original

D’abord, Inception mise sur un concept original : utiliser des rêves qui se superposent pour extraire des informations dans le subconscient d’un individu.
Il s’agit d’un des points forts du film, puisque Nolan prend le temps de justifier son concept et de répondre aux interrogations du spectateur à travers les nombreuses questions que se pose le personnage d’Ariane (incarné par Elliot Page). Tout cela donne un braquage dynamique et remarquable.
Car oui Inception demeure un film d’action divertissant et pour cela Nolan reprend les codes d’un film de braquage classique : une cible, quelque chose à dérober/implanter, une équipe où chaque membre a son rôle à jouer.

Tel un film d’espionnage, l’univers se veut élégant, les personnages sont habillés à la James Bond et les rêves se construisent et se détruisent de façon ordonnée et symétrique, à l’image de la scène des miroirs à Paris. Le tout donne des scènes d’actions rythmées et plutôt convaincantes, avec une utilisation marquée de la slow motion. Ces dernières sont plus ou moins dynamiques selon l’échelle de temporalité entre les différents « niveaux » de rêves. Bien évidemment, tout ceci est renforcé par l’excellente musique d’Hans Zimmer.

Inception invite le spectateur à donner son interprétation du film

Le film de Christopher Nolan a la particularité de convier le spectateur à réfléchir après le visionnage.

Les questions sont alors nombreuses : Cobb est-il vraiment dans la réalité ou bien rêve-t-il toujours ? Certaines théories soutiennent que Cobb retrouve réellement ses enfants car celui-ci ne porte pas de bague lors de la scène finale. Selon cette analyse, son « totem » ne serait non pas la toupie, qui appartient à Mall, mais bien un bague qu’il porterait à chaque fois qu’il rêve. Au contraire d’autres hypothèses affirment qu’il rêve encore, donnant ainsi raison à Mall qui serait, elle, revenue à la réalité.
Néanmoins, la question importe-elle vraiment ? En effet, le principal ne serait-il pas d’être épanouit, que l’on soit dans un rêve ou dans la réalité. Cela est d’autant plus vrai que ces 2 notions peuvent se confondre au point que certains prennent leurs rêves pour leur réalité, comme on le voit dans la boutique de Yusuf. De toute manière, le débat ne semble pas préoccuper le principal intéressé puisque que Christopher Nolan souligne lui-même : « La chose la plus importante au sujet de la rotation [de la toupie] à la fin est que Cobb ne la regarde pas. Il s’en fout. ».


Un personnage principal intriguant

Contrairement aux autres personnages, Cobb a une réelle personnalité et a une image plus nuancée et moins lisse. Il est emprisonné par son passé et ses remords, représentés à l’écran par le personnage de Mall, son ex-femme. Ainsi, l’objectif principal du film va être non seulement pour Cobb d’aller de l’avant, c’est-à-dire de retrouver ses enfants, mais aussi de tirer un trait sur son passé auquel il accorde encore trop d’importance. C’est notamment le cas de la scène de l’ascenseur où il entretient ses souvenirs dans son subconscient. Or, cela va être possible lorsque Cobb prend conscience que sa mémoire s’effrite et que ses souvenirs sont de moins en moins exactes au fil de ses rêves : « Je ne peux t’imaginer dans toute ta complexité, toute ta perfection, ton imperfection » dit-il à Mall. D’ailleurs, pour Cobb renoncer à son passé et aller de l’avant, signifie également renoncer à rêver. De fait, dans ses rêves Cobb peut assouvir tous ses désirs et faire tout ce qu’il veut. Or il va comprendre qu’une vie sans désirs où rien ne lui résiste n’est pas soutenable, ce qui explique donc sa décision d’effectuer une Inception sur sa femme pour la convaincre de revenir à la réalité.

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