Critiques

Jon FAVREAU : Machine à sous ou super héro ?

Jon Favreau compte aujourd’hui à son actif 2 films parmi les 50 plus gros succès du Box-Office mondial. Mais aussi plusieurs en tant que réalisateur, acteur, producteur et scénariste. Il a également été le lanceur de la machine Marvel et le sauveur de Star Wars grâce à la série The Mandalorian qu’il a monté de toute pièce. Cette série, applaudie par les fans et par les critiques, permet de rapporter beaucoup à Disney.

Jon Favreau est-il donc un réalisateur de génie ou une simple « machine à sous » pour Disney ?

Après avoir commencé sa carrière comme simple acteur dans plusieurs petites comédies sans gros impact, il se rapproche dans un de ces films de l’ancien PDG de Marvel, une licence alors assez endettée. Grand fan de cet univers, il arrive à imposer sa vision des choses et se voit confier la direction des 2 premiers Iron Man. Avec le gros succès financier des deux premiers films, il se fait une place dans le monde de la réalisation en arrivant à toucher un public très large, ce qui restera le credo de Marvel. Il continue sur sa lancée et devient producteur exécutif des prochains Avengers, figurant tous dans les plus gros succès du Box-Office de l’histoire. Il revient vers Disney quelques années plus tard pour la réalisation des Live-action remake ultra rentable du Livre de la Jungle (2016) et Le Roi Lion (2019). Il se voit ensuite confier la création de la nouvelle série Star Wars à un moment critique en termes de popularité de la franchise. Il représente donc un réel atout pour Disney et surtout pour son portemonnaie.

Plus concrètement, est-il un bon réalisateur ? Les réalisations de Favreau ne semblent que très pauvres sur le côté scénario, et presque sans aucune valeur ajoutée pour les réadaptations du Livre de la Jungle et du Roi Lion. Beaucoup attendaient la touche qui allait les transporter comme l’ont fait les premiers et qui nous auraient tous fait revenir à l’enfance. Mais ces deux films ne sont que des pâles copies en recherche d’identité. Un simple copier-coller mais avec les émotions en moins. Ces émotions qui ont fait frissonner plus d’un dans Le Roi Lion de 1994. Le remake de 2019 certes très bien rendu graphiquement ne fait pas honneur à la bande son qui le compose.

Il est effectivement connu pour avoir lancé Marvel, des films tous plus rentables les uns que les autres. Mais cette dimension de film grand public peut en énerver certains, surtout les fans des bandes dessinés originales. En effet Jon Favreau semble plus travailler avec l’équipe Marketing que de chercher un bon moyen de marquer les esprits. Les scénarios sont absents de complexité et encore moins de profondeur. Les personnages sont certes développés, mais manquent tout de même une petite touche de caractère. Et cela est un comble au vu des nombreuses apparitions de chacun des personnages à travers les 22 films de la franchise. C’est donc le fait de vouloir le faire aimer à tout le monde qui peut laisser certains sur leur faim.

Pour la série The Mandalorian le constat est différent. La volonté d’attirer un maximum de gens sur la nouvelle plateforme Disney est clairement le but recherché. C’est donc aussi sur aspect grand public qu’elle souhaite se faire une image. Il y arrive plutôt bien tout en arrivant à faire accrocher les fans, alors très déçus de la dernière trilogie. Le sentiment de regarder une série dans un vrai univers Star Wars est plaisant, elle se rapproche assez du banditisme et de la chasse à la prime qui a fait succès dans la première trilogie. Il arrive également à ramener un nouveau spectateur avec la magnifique invention du Bébé Yoda (hyper mignon). Ce n’est pas non plus un acquis et la série peut vite tomber dans le faussement grandiose comme le fait malheureusement très bien Star Wars…

Jon Favreau est sans aucun doute un très bon réalisateur arrivant à capter l’attention de la majorité, ce qui est assez exceptionnel. En tant que Chef de projet, très peu de personnes sont capables de gérer un si gros budget. Malgré tout il laisse tout de même une certaine communauté de côté qui préférerait plus de profondeur dans ses films. Mais ce pourquoi Disney lui donne tant d’importance c’est qu’il rapporte gros en Merchandising des différents produits dérivés, et se rapproche donc plus d’un Steve Jobs que d’un Hitchcock.

Bouille Pierre

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