Critiques

Coup de cœur : Le tombeau des lucioles

 

L’histoire se déroule au Japon durant la seconde guerre mondiale, réduit peu à peu en cendre par les bombardiers américains. On suit les péripéties d’un frère et de sa sœur cadette : Seita âgé de 14 ans et Setsuko, âgée de 4 ans. Après avoir perdu leur mère et leur foyer durant le bombardement de Kobe, les deux enfants se réfugient chez leur tante, dans un village un peu plus reculé. Celle-ci les accueille mais y voit tout de même la contrainte d’avoir deux bouches de plus à nourrir, ce qui rend la vie en temps de guerre très difficile. Sans surprises les relations avec leur tante se tendent peu à peu et ils décident donc de quitter sa maison pour vivre dans une grotte, désormais libres et sans aucune contrainte. Cependant n’ayant aucun travail et aucun revenus, la nourriture se fait rare et Seita se voit obligé de voler afin d’éviter la famine. Malgré cela, l’état de sa sœur se dégrade peu à peu.

Un film au service de l’émotion :

Les studio Ghibli sont réputés pour proposer des films aussi bien destinés aux enfants qu’aux adultes, avec une grande dimension morale et éthique qui arrive très bien à captiver toutes les générations. Le tombeau des lucioles, contrairement à d’autres se distingue sur le fait qu’il est destiné aux adultes, tant le film est rude et dépeint une réalité impitoyable. Il est d’ailleurs tiré d’un livre semi-biographique, ce qui le rend d’autant plus poignant. Quant au dénouement, il semble inéluctable et le réalisateur ne fait que très peu planer le doute.

Le film joue sans cesse avec nos émotions ; il sait nous fait rire, peur et pleurer. La bande son composée par Michio Mamiya est sublime et accompagne parfaitement le spectateur emporté par une montage russe d’émotions. Les silences musicaux sont également très bien exploités comme dans la majorité des films Ghibli. La qualité graphique est très bonne pour un film ayant plus de 32 ans. Quant aux voix françaises elles sont d’une assez grande qualité et ne gêne pas du tout ceux qui ne seraient pas trop habitué à la lecture des sous-titres.

Des enfants dans un monde d’adultes :

Le film oppose dès le début deux visions très différentes du monde dans lequel les personnages vivent. La guerre fait rage et les tragédies se suivent. La réalité est malheureusement cruelle et la guerre en est un facteur majeur. Cette réalité sans artifice fait contraste avec la manière dont le frère et la sœur vivent leur quotidien. Seita semble faire preuve d’une grande maturité, et tente d’exposer le moins possible sa sœur à la vue du monde d’adultes. Malgré tout, le spectateur comprend au fur et à mesure que ce jeune garçon n’est finalement qu’un enfant. Et que seule la volonté ne suffit malheureusement pas pour survivre.

Seita est sans cesse confronté à des dilemmes et sa liberté à un prix. Chacune de ces décisions seront lourdes de conséquences. Il devra par exemple faire le choix d’une certaine stabilité chez sa tante ou de sa liberté dans une grotte. Sa sœur étant la seule famille qui lui reste il agira toujours en fonction de ses besoins et cela même s’il en va de sa morale, l’obligeant à voler pour pouvoir la nourrir. Ils sont tous deux confrontés à un quotidien dur et sombre, mais leur naïveté et leur innocence les rendent très attachant. Les voir heureux réussi à nous faire oublier toute l’horreur dans laquelle ils vivent.

Le tombeau des lucioles est donc un film poignant qui se montre volontairement cru. Il témoigne d’une belle relation entre un frère et sa sœur, que la vie n’a malheureusement pas épargnée.

Bouille Pierre avec l’aide de Eynza Khenniche

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