Autres

Hidalgo, un voyage dans le désert

Aujourd’hui, les Hallucinés vous emmènent en voyage, dans le désert d’Arabie avec Hidalgo.

Inspiré librement d’une histoire vraie, Hidalgo raconte l’histoire d’un cow-boy, issu d’une famille de sang mêlé (mi-indien, mi-américain), et de son mustang, avec qui, il enchaîne les courses de chevaux longue distance. Ses victoires lui créent la réputation de plus grand cavalier de l’Ouest.

Intrigué par cette réputation, un cheikh richissime, prétendant que ses chevaux sont les meilleurs du monde, invite le duo à participer à la course l’Océan de Feu, une course mortelle de 5000 km à travers le désert d’Arabie. La récompense à la clé et l’envie de prouver la valeur de son cheval pousse le duo à accepter le défi mais certains participants sont bien décidés à empêcher l’étranger de finir la course.

Un éloge à la diversité et à la tolérance

Hopkins n’est pas le bienvenu dans cette course ancestrale, cette dernière  est réservée aux locaux, elle est presque un rite de passage pour tous les cavaliers qui se respectent. Les coureurs voient en la participation de Hopkins une injure aux règles et aux traditions, “Le petit poney pie”, comme les locaux l’appellent (en référence à la robe de Hidalgo), ne passe évidemment pas inaperçu au milieu de ces chevaux noirs comme l’ébène et blanc comme la neige.

Il semble être l’erreur: Hopkins ne monte pas comme tout le monde, il n’adopte pas les bons gestes dans le désert, joue de l’harmonica, … ce qui va pousser tous ses adversaires à tenter de le faire abandonner la course. On pourrait voir cela comme de la bienveillance, au premier abord, mais en réalité, les concurrents ont peur de cet étranger dont ils ignorent tout et dont les attitudes sont imprévisibles. C’est un rejet de l’étranger, de ce que l’on ne connaît pas. Le concept de race et de pureté est donc omniprésent et revient toujours chez les adversaires, essentiellement sous un angle méprisant en face du mustang, race bâtarde par essence.

Plus le duo survit aux différentes étapes, plus il est un concurrent sérieux à abattre.  C’est une confrontation de l’Ouest américain avec l’Orient arabe. Cependant, Hopkins, va se lier d’amitié avec le cheikh Riyadh. Contrairement aux autres, celui-ci va se montrer très curieux face au cow-boy et à sa culture. Hopkins lui va découvrir peu à peu la culture Arabe, les croyances mais aussi les interdits. Plusieurs embûches vont se dresser sur le chemin des coureurs, mais ce n’est qu’ensemble qu’ils parviendront à les surmonter.

Un film qui allie les codes du western et ceux du film d’aventure dans le désert

Du point de vue des péripéties, il est vrai que l’originalité n’est guère au rendez-vous : tempête de sable, pillards, princesse enlevée, concurrence déloyale, etc… Mais une bonne dose de classicisme ne fait jamais de mal, surtout qu’ici, Hidalgo impressionne par sa capacité à relancer l’intrigue avant chaque coup de mou qui s’annonce.

On ne suit pas simplement une course de chevaux, mais un vrai film d’aventure où manigances, pièges et manipulations seront de la partie. Ce mélange des deux univers marche, comme le prouvera la scène de l’attaque du campement qui alliera une sorte de fantasia aux combats de cow-boy. Certains reprocheront au film ses clichés, mais qui ici, servent principalement à accentuer les différences culturelles.

Le film reste dans la simplicité au niveau du montage pour nous faire apprécier les beaux paysages, mais aussi nous confronter à la solitude du personnage. Le personnage de Hopkins peut également paraître un peu simple mais c’est tout le contraire. C’est un héros humble, qui s’efface pour comprendre la culture qui l’entoure et dont il ignore tout. Il connaît ses forces et celles de son cheval mais préfère rester dans la retenue. Ce trait de caractère est notamment visible sur la ligne de départ: alors que tous les cavaliers partent au triple galop, lui se contente d’un petit trot, il observe et sait que le chemin sera long.

Le désert, un personnage à part entière

Si les paysages de Lawrence d’Arabie vous ont transporté, alors vous ne pourrez qu’être conquis par ceux de Hidalgo.  Le désert est un personnage à part. Hopkins ignore tout de lui, et tous deux s’apprivoisent. Parfois, le désert est pour lui une source de réconfort notamment lorsque celui-ci nous est montré sous ses plus belles couleurs, au soleil couchant, les reflets rouges du soleil sur les dunes rappellent à Hopkins la peau rouge de sa famille et de son peuple. Le désert est aussi une bénédiction, car dans les moments de détresse: de soif, de faim, de fatigue, le désert est là pour apporter, tel un miracle, ce dont le duo a besoin.

Mais hélas, le désert reste hostile à tout homme qui espère le traverser. Il s’étend à perte de vue sous une chaleur intenable, qui amène les cavaliers à sombrer dans la folie et pour certains à mourir.

Le désert nous rappelle que l’homme n’est qu’un “grain de sable” dans la nature, que ce dernier est indomptable et celui-ci ne manquera pas de nous le rappeler à travers une scène de tempête du désert absolument mémorable !

Une vraie bouffée d’oxygène pour tous les amoureux de la nature, Hidalgo vous plongera dans une aventure humaine aussi belle que touchante. Plus qu’une alchimie, c’est une dévotion du cheval au cavalier et du cavalier au cheval. 

Lauryne Urtizberea

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *